Le journal satirique Urchon-Pico est né dans le club de picard du lycée d'Hirson. Dès octobre 1986 l'idée avait germé et le premier numéro a vu le jour en février 1987. Il a été prévu dès le départ un rythme de parution bimestriel. Après être resté interne au lycée d'Hirson et aux adhérents de la F.I.P.Q., il s'est ouvert à un autre public, mais demeure le journal où les membres de la F.I.P.Q. peuvent s'exprimer en toute liberté.

Il relaie les demandes de reconnaissance de la langue picarde dans l'enseignement et a souvent par son ton agacé les hommes politiques qui y sont mis en cause lorsqu'ils sont inactifs ou qu'ils n'usent que de leur langue de bois : «ne pas laisser dormir les élus» est un de ses objectifs.

Urchon-Pico a dépassé les cent numéros mais le picard n'est toujours pas une matière optionnelle au baccalauréat. Citons, pour l'édification de tous, que dans le Bulletin de l'Éducation nationale, le corse est qualifié de «langue corse», tandis que le basque, le bretons, etc. sont qualifiés en bloc de langues régionales. Ne parlons pas du picard qui n'y est même pas mentionné. Quel est le critère qui fasse que le corse soit qualifié de langue corse, et que les autres langues ne soient que des langues régionales ? La Corse serait-elle déjà autre chose qu'une région de France. Le picard, parlé dans deux pays (France, Belgique), avec des traces en Allemagne (Friedrichsdorf), a droit aussi à une existence officielle, et en premier lieu, une option au baccalauréat.

Pourquoi chaque région a-t-elle le droit d'avoir des panneaux routiers bilingues et qu'il n'en existe pas en Picardie-Nord-Pas-de-Calais ? C'est une question à nos hommes politiques que je pose ici.

Outre les revendications linguistiques, Urchon-Pico a aussi une volonté de publier des textes d'auteurs picards dont la qualité ne fait aucun doute. Des études étymologiques, des rubriques culinaires, des contes et légendes, emplissent aussi le journal, sans parler des bandes dessinées. La première d'entre elles concerne Nanàr, qui apparaît dans tous les numéros. La deuxième est consacrée aux héros de la Picardie linguistique et évoque des personnages inconnus de notre territoire, telle Éstéfan·nie `d Monacu (commune de Hem-Monacu dans la Somme), clocharde et chanteuse qui déchaîne un ouragan à chaque fois qu'elle chante...

Pa-dzou : URCHON-PICO liméro 1

éd févié 1987

 

Pa-dzou, éch liméro 100 `d URCHON-PICO

in févérié 2001

 

Nanàr éch cachiveu du Molin dés Leups

Ci-dessous, un exemple de la bande dessinée qui se trouve dans chaque numéro d'Urchon-Pico. Le héros est Nanàr, personnage dont la langue de naissance est le picard. Nanàr est né avec le numéro 3 d'Urchon-Pico en juin 1987, et ce sont plus de cent histoires de ce cachiveu du Molin des Leups qui ont été rapportées dans le journal. Nanàr n'est pas brillant à l'école, malgré ses capacités remarquables pour les langues étrangères, en particulier le walserisch (qu'il a pris en deuxième langue vivante), le wallon étant la première. Notons aussi qu'il a pris le français comme langue morte.

Pa-dzou, chéle binte às-déssins `d éch liméro 100 `d Urchon-Pico